TEMOIGNAGES

Ma rencontre avec Jésus – 1ère partie

Le jour d’avant

Le jour d’avant, c’est la période de ma vie sans Jésus. Celle qui a précédé ma conversion, ma rencontre personnelle avec Jésus-Christ. Tous ceux qui lui ont réellement cédé les rênes de leur vie se souviennent de ce jour, ou tout du moins d’une période précise où cette lumière est rentrée dans leur vie.  Il y a un avant et un après quand on a vécu cette expérience. Un moment précis où même si on ne comprend pas tout, on sait que les choses ne seront plus jamais comme avant. On réalise combien épaisses étaient les ténèbres qui nous entouraient jusque là.

Avant de rencontrer Jésus, tout n’était que ténèbres pour moi, même si je ne m’en rendais pas compte. Quand on s’habitue à un parfum, on finit par ne plus le sentir dit-on. La tristesse, la mélancolie, le stress, les soucis, la maladie, les doutes sans fin, l’errance, une vie sans but sont ces odeurs qui me collaient à la peau, auxquelles je m’étais faite, avec lesquelles j’avais appris à vivre en comptant sur la providence qui un jour changerait peut être les choses. Jusqu’au jour de cette rencontre glorieuse savamment orchestrée par Celui qui m’a créée. Le jour d’avant, c’est surtout les dernières heures d’une vie sans Jésus.

Je ne le savais pas encore, mais plus que quelques heures seulement me séparaient de cette rencontre qui allait changer ma vie à tout jamais. Nous étions en Juin 2007, je ne saurais pas dire quel temps il faisait, chaud, froid ; ce dont je me rappelle avec certitude, c’est que j’étais en pleine période d’examens de fin de deuxième semestre. J’étais en faculté de droit et je rêvais alors d’obtenir ma maitrise cette année là.

Était-ce le 2ème ou le 3ème jour d’examen? Je ne sais plus. Quoiqu’il en soit, je sortais de l’épreuve prévue ce jour là, pleine de doutes comme les jours précédents. J’avais passé le premier semestre et les années précédentes, depuis mon entrée à l’université par monts et par vaux, à chanter sans réellement accorder de l’intérêt à mes études. L’université…J’y avais découvert une liberté jusque là jamais expérimentée. Vivre loin de mes parents pour la première fois, devoir gérer une bourse mensuelle, faire mes courses moi même, choisir quand je sortais et quand je rentrais chez moi. Je pouvais compter sur mon éducation pour rester sage, faire les bons choix. Mais je sais aujourd’hui que la seule véritable garantie de ne dévier ni à gauche ni à droite, c’est la crainte de Dieu, pas celle des parents. Car quand bien même on a reçu de nos parents des valeurs solides et tous les codes moraux qu’il faut, il suffit parfois de s’éloigner d’eux, d’être confronté à soi même pour mettre de côté tout ce qu’ils nous ont inculqués. Alors que quand la crainte de Dieu est là, elle est attachée à notre personne, l’Esprit de Dieu en nous a suffisamment de force de conviction pour nous garder sur le droit chemin*.

Ce n’est pas que les études ne m’intéressaient pas,  au contraire même j’avais souvent été première de la classe au collège et au lycée. Mais ce vent de liberté qui soufflait dans ma vie était si bon que je ne pouvais pas résister à toutes les tentations qu’il m’offrait, quitte à moins m’investir dans mes études. Ainsi, j’ai pu concrétiser mon rêve de chanter sur une scène. D’abord à l’orchestre de l’université que j’ai intégré dès ma 2ème année de fac, puis au sein d’un groupe fondé avec des amis. Le groupe a alors commencé avec le temps  à être connu dans la région. On a même eu la chance de se voir offrir une tournée tous frais payés par une structure française promouvant la culture camerounaise dans la région. Je nourrissais alors des rêves de star, je chérissais si fort cette possibilité de strass et de paillettes.

Mais il n’en n’était plus le cas ce jour là. L’année tirait à sa fin et les membres du groupe vivaient tous dans des villes différentes. Nous quitterions donc tous définitivement la ville étudiante qui nous unissait. Le groupe, bien qu’ayant rythmé jusque là nos vies d’étudiants, n’avait ni fondements véritables, ni vision réelle qui lui auraient permis de perdurer une fois qu’arriverait ce moment. En plus, la plupart d’entre nous, sinon tous les membres du groupe, achevions notre cursus universitaire. Il fallait à présent penser à l’avenir « Tu as chanté tout au long de l’année? Eh bien danse maintenant » me susurrait la fourmi ironique à l’intérieur de moi. Oui mais je n’avais plus le cœur à ça. Un regain de conscience m’avait amené à réaliser que mes rêves d’être chanteuse ne resteraient peut-être que des rêves. Qu’une page de ma vie se tournait et qu’il serait peut être temps pour moi de me projeter dans un bureau de juriste comme j’avais espéré en m’orientant vers mes études de droit.

J’allais retourner chez mes parents. J’allais rendre les clés de ma chambre du campus universitaire, les clés de ma liberté, de mes secrets, de mes soirées d’étudiante à faire la fête, de mes rigolades entre copines jusqu’à pas d’heure, à être celle que je ne me permettais jamais d’être chez papa et maman ; les clés de tous les concerts organisés, de tous ces moments où j’avais pu briller, de tout ce bonheur nourri au bruit des applaudissements reçus, de cette tranche de vie qui m’appartenait et que je ne voulais  pas partager avec les miens. Parce qu’ils ne savaient pas que j’avais passé mon temps à animer le campus de ma voix, ils me croyaient studieuse et sérieuse. Plus j’y pensais et plus j’appréhendais la déception de mes parents; toute leur énergie, leur temps, leur argent consacrés à nous pousser mes frères et moi à aller de l’avant. Oui il était peut-être temps que je réfléchisse à ma vie, que je l’envisage autrement que dans le mensonge; Que je rentre à la maison, que je prépare plus sérieusement mon rattrapage et que je commence à arpenter les entreprises et les cabinets de recrutements ou les écoles de commerce pour assurer mon avenir.

Toutes ces pensées m’accompagnaient alors que je rentrais au campus universitaire où je vivais. Je me dis que ça me ferait du bien d’aller faire part de toutes ces questions à ma fidèle amie Rose. Elle habitait l’étage en dessous du mien et c’était le passage obligé chaque fois que je rentrais chez moi. Mais Rose avait changé. Depuis quelques temps, elle s’était mise à fréquenter  ces gens bizarres qu’on appelait « born again » sur le campus. Elle allait même à leurs études bibliques, priait pour tout et pour rien, ne voulait plus écouter le CD de Corneille, notre chanteur préféré pourtant. « Ces gens » venaient tout le temps chez elle, et ne parlaient que de Dieu. Je les trouvais envahissants, ringards, jeunes mais pourtant vieux, jamais habillés à la mode; j’avais l’impression qu’ils me jugeaient, je ne les aimais pas. En plus ils s’appelaient « frère », « sœur » ce qui pour moi faisait d’eux une secte .Pourtant je reconnaissais qu’il se dégageait quelque chose d’eux, une assurance qu’on ne trouvait pas même chez tous ceux qui dans ma promotion citaient les articles de droit avec tant d’éloquence. Une assurance qui me mettait mal à l’aise.  Quelque chose qu’ils avaient et que moi je n’avais pas. D’où le tenaient-ils? Je décidai d’y aller quand même car Rose depuis qu’elle avait « donné sa vie à Jésus » comme elle disait, était restée gentille avec moi. Sa vision des choses avait  certes changé, mais je ne me sentais pas jugée, elle était toujours aussi bienveillante malgré ces nouvelles fréquentations.

Je ne m’étais pas trompée. L’un des « leurs » était bien là, assis dans la chambre de Rose. Il me fit son plus large sourire dès que j’entrai. Je le regardais froidement, avec mépris et agacement, et je me mis tout de suite sur la défensive. « S’il essaie de me parler de leur trucs bizarroïdes de born again, je pars tout de suite » me disais-je en mon for intérieur. Je m’appelle Léonce me dit-il…

Je n’avais pas rendez vous avec « frère » Léonce ce jour là, mais bien avec Jésus…

la suite ici Ma rencontre avec Jésus – 2ème partie

*La crainte de Dieu, c’est le commencement de la sagesse. Proverbes 9 : 10

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