TEMOIGNAGES

Ma rencontre avec Jésus – 2ème partie

La suite de la merveilleuse histoire de ma rencontre avec Jésus-Christ commencée ici Ma rencontre avec Jésus – 1ère partie

le jour d’après

« Je te connais » me dit Léonce, « je sais que tu chantes sur le campus ».

« Moi je ne te connais pas et je n’ai pas envie de te connaître » avais-je envie de lui répondre; au lieu de ça, je me contentai de sourire à l’intérieur de moi, feignant l’indifférence.

« Pourquoi ne chanterais tu pas pour le Seigneur? » Continua t-il.

Ca y est, on y était!  Je maudis tout ce qui m’avait poussé à aller voir Rose ce jour là alors que j’étais quasiment sûre de tomber sur l’une de ces personnes qu’elle fréquentait. J’allais certainement avoir droit à un lavage de cerveau. Mais j’étais prête pour ce combat, je trouverais les arguments solides pour le contredire, mon orgueil m’aiderait à trouver une échappatoire, voire ridiculiser ce « frère ». Il se disait sur le campus qu’ils savaient choisir les mots pour convaincre; j’avais l’occasion de prouver que j’aurai su résister au recrutement de cette armée de born again. Cependant, je n’eus même pas le temps de construire ma défense que déjà Léonce me demandait si je voulais « donner ma vie à Jésus ».

Et le temps, comme complice de ce qui se passait dans cette chambre à cet instant précis, s’arrêta net.

On aurait dit que les projecteurs du ciel, de la terre, de l’univers tout entier se braquaient sur ce moment qu’ils savaient crucial pour ma vie. Aucun son ne sortait de ma bouche, je ne trouvais appui nulle part, je me sentais prise au piège. J’étais partagée entre le désir de fuir tout de suite cet endroit et d’y rester quand même. La chambre de mon amie Rose, jadis témoin de notre insouciance devenait-il le lieu de rencontre entre la mort et la vie? Quelque chose de plus fort que moi m’obligeait à rester là. Mon cœur battait à mille à l’heure. Peut être savait-il déjà qu’il vivait ses derniers instants à battre sans but. J’étais tendue, je regardai Rose qui elle ne disait rien. Au secours mon amie! Mais elle semblait ne pas entendre mon cri de détresse muet, elle me lâchait. Pire, son visage en paix semblait appuyer les propos de Léonce. Je n’étais pas bien.

Tout à coup, mes dernières résistances me lâchèrent et je tombai à genoux devant Léonce qui me prit la main. je l’entendais prier pour moi tandis que dans mon esprit je vivais quelque chose de très fort que je vais essayer de vous décrire:

Je vis un lieu d’un blanc éclatant, d’une pureté qu’on ne saurait décrire avec des mots. J’avais souvent entendu dire que Dieu est saint, mais à cet instant précis, je compris que ce lieu représentait sa sainteté. J’étais dans sa sainte présence sans pour autant pouvoir y accéder. Car face à cette pureté, je me vis, comme dans un miroir, telle que j’étais vraiment, telle que je ne m’étais jamais vue avant. Mon cœur était souillé, rempli de mauvaises pensées, sale, impure. J’étais menteuse, égoïste, orgueilleuse etc. Moi qui avait reçu une bonne éducation et qui pensait que cela suffisait à me rendre juste devant Dieu, et qui jusque là pensais avoir fait tout mon possible pour être une bonne personne. Une très grande tristesse remplit alors mon cœur : je voulais tant me diriger vers cette pureté qui m’attirait et je ne pouvais pas, j’étais malheureuse. Puis je vis un pont. Il fallait que je le traverse pour atteindre ce lieu pur. Ce pont était Jésus, j’en avais la certitude dans mon esprit. Et pendant que je répétais les paroles de repentance à Dieu que me suggérait le frère Léonce, je réalisais qu’en même temps, je traversais ce pont et que j’avais alors enfin accès à ce lieu saint, j’avais désormais accès à Dieu. Une paix et une joie que je n’avais jamais connues de toute ma vie remplirent alors mon cœur.

Quand je rouvris mes yeux, j’étais remplie d’émotion. Oui il s’était réellement passé quelque chose en moi! Je bafouillai des remerciements , puis je remontai dans ma chambre à toute vitesse. Une fois seule, je versai toutes les larmes de mon corps à genoux, demandant pardon à Dieu pour avoir vécu tout ce temps en l’excluant de ma vie. J’avais un « background d’église », je n’étais pas athée, je savais que Dieu existait , je le respectais même; je connaissais quelques versets bibliques, on priait en famille pour les grands évènements et toujours  avant les repas, mais jamais au grand jamais je ne me serai doutée que Dieu était si près, si palpable, si accessible et qu’en plus ma vie l’intéressait, qu’Il m’aimait moi personnellement! Quand je me relevai, j’enlevai tout de suite les photos de mon copain qui décoraient les murs de ma chambre. J’étais maintenant convaincue que cette relation ne plaisait pas à Dieu et que je devais y mettre fin. Un pincement dans mon cœur me fit réaliser que ce que je venais de vivre était certes bon, mais qu’il allait falloir faire une vraie place à  Dieu dans ma vie.

La réplique de la chair

Je ne voulus pas revoir Rose tout de suite, par pudeur. Je voulais vivre tout cela toute seule, tout en étant si heureuse de la tournure que prendrait certainement notre amitié. Nous étions désormais sœurs en Christ, unies par la même espérance, quelle grâce! Il me fallut donc quelques temps pour accepter de la suivre dans l’église qu’elle fréquentait. En attendant, elle me proposait souvent de prier avec elle, ce que je faisais avec plus ou moins d’engouement. Je dois dire que je reconnaissais certes que Dieu avait changé positivement ma vie, mais cette partie de nous qui s’appelle la chair,  et qui jusque là avait gouverné ma vie voulait avoir son mot à dire. Alors oui j’avais mis fin à ma relation avec  mon copain, mais je l’appelais tous les jours pour lui demander si au final on ne pourrait pas rester ensemble malgré tout.

Près d’un mois après ma nouvelle naissance,  j’acceptai enfin de suivre Rose dans son église, pour des soirées de prière, puis d’enseignement. Je m’inscrivis à un cours pour nouveau converti. Je découvris la beauté de la parole de Dieu. Tout était si clair, si clair!!! Je ne savais pas que Dieu parlait autant au travers la Bible! Je comprenais désormais pourquoi on l’appelait la parole de Dieu. Je dévorais chaque mot du pasteur. Quand il vint échanger avec moi à la fin d’un culte, la première chose que je lui dis c’est que je fréquentais une église protestante et que je ne comptais pas la changer, j’étais juste venue là pour voir. Encore une barrière que voulait poser ma chair qui se refusait à me laisser m’épanouir sur ce nouveau chemin de vie. Pourtant le Seigneur a continué de me pousser sur ce chemin, je me sentais portée. J’ai fait la rencontre d’autres frères et sœurs, j’ai gagné une famille en Christ, on se comprenait si facilement. Avant Jésus, on disait souvent de moi que je ne souriais pas beaucoup, mais Dieu m’a transformée , je riais désormais aux éclats plus facilement. Puis j’ai commencé à fréquenter le GBEEC, (Groupe Biblique des Elèves et Etudiants du Cameroun) où j’en ai encore beaucoup appris sur Dieu, et même participé à des sorties d’évangélisation. Bien qu’intimidée au départ, j’ai vu Dieu se servir du peu que je savais sur Lui pour parler à d’autres. Plusieurs personnes qui m’avaient vu chanter sur le campus étaient assez surprises de me voir venir leur parler de Jésus. C’était un témoignage de ce que j’avais vraiment changé.

Un nouveau commencement

Les études

Comme je le disais dans la première partie de ce témoignage, je m’étais amusée pendant toutes mes années universitaires. J’étais décidée à inverser la tendance, à honorer Dieu dans tout ce que je faisais désormais. A ne pas redoubler mon année de maitrise comme ça avait été le cas pour toutes les années précédentes .Mais je me retrouvais avec 6 ou 7 matières à valider en session de rattrapage. Je travaillais dur et priais , convaincue que le Seigneur récompenserait mon sérieux; Et qu’il n’y avait aucune raison que j’échoue maintenant que je le connaissais. Le Seigneur m’étonna pendant ces examens de rattrapage. Lorsque je révisais, et pour TOUTES LES MATIERES que j’avais à repasser, il me montrait le sujet d’examen. Mes yeux se fixaient sur une partie précise du cours et c’est ce qui nous était proposé comme sujet le lendemain. J’exultais de joie à chaque épreuve, reconnaissante de tant de grâce! Je découvrais un Dieu qui parle à ses enfants!

Pour autant, je n’obtins pas ma maitrise de droit, je fus recalée pour UNE SEULE matière!!! Et tout ce que je fis comme recours n’aboutit pas. Pourquoi Dieu avait-il permis cela? Etait-il injuste? Non au contraire, il avait juste commencé à m’enseigner que son amour et sa grâce seraient toujours là, mais que tout acte a des conséquences. Pour autant, c’est le cœur lourd mais vivant que je partis définitivement de ma chère ville universitaire de Dschang, sans mon diplôme certes, mais avec la vie éternelle.

La musique

Après mon échec, je dus déménager et retourner chez mes parents à Douala. Le groupe préparait un concert à Dschang. J’aurais bien voulu être présente bien que convaincue que ce n’était pas la volonté de Dieu que je continue de chanter dans le groupe. Un mensonge serait le ticket idéal pour aller participer au concert et revenir incognito sans que mes parents n’en sachent rien. Au final je ne le fis pas ; le cœur serré, après plusieurs jours d’hésitations, je dus définitivement laisser tomber l’une choses les plus importantes avant que je ne rencontre Jésus: mon groupe de musique. Qui plus est, alors que certaines portes s’ouvraient puisqu’on avait enregistré un album quelques mois plus tôt. Leur annoncer que j’arrêtais tout me déchira le cœur, bien que convaincue de le faire pour les bonnes raisons.

Le retour à la maison

Mon père était bien content que ces allers et retours entre Douala et Dschang se terminent enfin. Bien que déçu que je n’aie pas obtenu mon diplôme, objet de ses sacrifices, il voyait en mon retour l’opportunité pour moi de trouver  du travail sur place. Quant à moi, il fallait que je me réadapte à la vie à la maison, que j’arrive à vivre en paix avec ma belle-mère, ce qui n’avait jamais été le cas avant. Mais ce fut encore l’occasion d’apprécier le changement qui s’était produit en moi car 2 jours après mon arrivée, je lui demandai pardon pour tout le manque de respect que je lui avais toujours témoigné. Je fus surprise de l’entendre me répondre qu’avec mon père, ils avaient remarqué que « quelque chose » avait changé en moi. Oh Jésus , c’est Toi qui était passé par là!!  Par contre, je n’eus pas le courage de leur parler clairement de ma rencontre avec Jésus; j’avais peur qu’ils pensent que j’étais entrée dans une secte.

Par le biais de Rose, je fis la connaissance de frères et sœurs sur place à Douala, et je me mis à fréquenter leur église en cachette une fois par semaine pendant 2 ans.

La fin de ma relation amoureuse

Malgré tout, j’avais gardé l’espoir secret que ma relation avec mon copain puisse reprendre maintenant que j’habitais de nouveau dans la même ville que lui. Mais Dieu continuait de faire du ménage dans ma vie pour que j’apprenne à n’être heureuse qu’en Lui. Ainsi malgré toutes mes relances, mes appels, mes messages il fit le mort. Puis un jour il décrocha enfin son téléphone pour me dire que c’était bel et bien fini entre nous. Il me dit qu’il me trouvait trop bizarre, que je parlais trop de Dieu à son goût. Pire, je découvris qu’il avait déjà une personne dans sa vie. Je ne vais pas cacher que je fis une très grosse dépression au travers de laquelle je m’éloignai de Dieu, me disant que c’était décidément trop difficile de le suivre.

Epilogue.

Je lâchai la main de Dieu quelques temps, mais son amour, plus fort que tout revint me chercher. Il a pansé mes blessures et m’a permis d’aller de l’avant, avec Lui. Il ouvrit alors une porte à laquelle je n’avais pas frappé, en me permettant d’aller en France pour continuer mes études. Et aussi de pouvoir y retrouver ma mère avec qui je n’avais jamais vécu. J’y ai tout de suite rencontré une famille en Christ, unie par le même Esprit, j’y ai découvert un Dieu qui ne s’était pas juste révélé à moi au Cameroun, mais qui vivant en moi , continuerait de me porter en France et où que j’aille, tous les jours de ma vie.

2007 aura donc été une année qui a marqué ma vie à tout jamais. Rencontrer Jésus, ça change la vie et c’est peu de le dire! Aujourd’hui, baptisée du Saint Esprit, libre, aimée de Dieu, épouse et maman, servant le Seigneur, le louant, apprenant à le connaître jour après jour, je suis reconnaissante d’être aussi aimée du Dieu qui s’est révélé à moi au travers de sa sainteté.

Et toi dans tout ça?

Peut-être l’as tu déjà entendu, mais sache que Dieu t’aime personnellement. Tu n’es pas une erreur de la nature, tu as été voulu(e) par Dieu et oui je le répète, Il t’aime. Tu peux choisir aujourd’hui de lui donner ta vie, ton cœur, ce que tu es, tel(le) que tu es. N’attends pas d’être une meilleure version de toi même pour le faire car Lui seul est capable de changer fondamentalement ta vie. Appelle Jésus , demande lui de te pardonner , de te changer et de faire naitre en toi l’amour pour Lui. Il te répondra si tu le cherches de tout ton cœur.

« Car Dieu t’aime tellement  qu’Il a donné son fils Jésus-Christ afin que si tu crois en Lui, tu reçoives la vie éternelle » Evangile de Jean 3 Verset 16.

Que Dieu te bénisse!

TEMOIGNAGES

Ma rencontre avec Jésus – 1ère partie

Le jour d’avant

Le jour d’avant, c’est la période de ma vie sans Jésus. Celle qui a précédé ma conversion, ma rencontre personnelle avec Jésus-Christ. Tous ceux qui lui ont réellement cédé les rênes de leur vie se souviennent de ce jour, ou tout du moins d’une période précise où cette lumière est rentrée dans leur vie.  Il y a un avant et un après quand on a vécu cette expérience. Un moment précis où même si on ne comprend pas tout, on sait que les choses ne seront plus jamais comme avant. On réalise combien épaisses étaient les ténèbres qui nous entouraient jusque là.

Avant de rencontrer Jésus, tout n’était que ténèbres pour moi, même si je ne m’en rendais pas compte. Quand on s’habitue à un parfum, on finit par ne plus le sentir dit-on. La tristesse, la mélancolie, le stress, les soucis, la maladie, les doutes sans fin, l’errance, une vie sans but sont ces odeurs qui me collaient à la peau, auxquelles je m’étais faite, avec lesquelles j’avais appris à vivre en comptant sur la providence qui un jour changerait peut être les choses. Jusqu’au jour de cette rencontre glorieuse savamment orchestrée par Celui qui m’a créée. Le jour d’avant, c’est surtout les dernières heures d’une vie sans Jésus.

Je ne le savais pas encore, mais plus que quelques heures seulement me séparaient de cette rencontre qui allait changer ma vie à tout jamais. Nous étions en Juin 2007, je ne saurais pas dire quel temps il faisait, chaud, froid ; ce dont je me rappelle avec certitude, c’est que j’étais en pleine période d’examens de fin de deuxième semestre. J’étais en faculté de droit et je rêvais alors d’obtenir ma maitrise cette année là.

Était-ce le 2ème ou le 3ème jour d’examen? Je ne sais plus. Quoiqu’il en soit, je sortais de l’épreuve prévue ce jour là, pleine de doutes comme les jours précédents. J’avais passé le premier semestre et les années précédentes, depuis mon entrée à l’université par monts et par vaux, à chanter sans réellement accorder de l’intérêt à mes études. L’université…J’y avais découvert une liberté jusque là jamais expérimentée. Vivre loin de mes parents pour la première fois, devoir gérer une bourse mensuelle, faire mes courses moi même, choisir quand je sortais et quand je rentrais chez moi. Je pouvais compter sur mon éducation pour rester sage, faire les bons choix. Mais je sais aujourd’hui que la seule véritable garantie de ne dévier ni à gauche ni à droite, c’est la crainte de Dieu, pas celle des parents. Car quand bien même on a reçu de nos parents des valeurs solides et tous les codes moraux qu’il faut, il suffit parfois de s’éloigner d’eux, d’être confronté à soi même pour mettre de côté tout ce qu’ils nous ont inculqués. Alors que quand la crainte de Dieu est là, elle est attachée à notre personne, l’Esprit de Dieu en nous a suffisamment de force de conviction pour nous garder sur le droit chemin*.

Ce n’est pas que les études ne m’intéressaient pas,  au contraire même j’avais souvent été première de la classe au collège et au lycée. Mais ce vent de liberté qui soufflait dans ma vie était si bon que je ne pouvais pas résister à toutes les tentations qu’il m’offrait, quitte à moins m’investir dans mes études. Ainsi, j’ai pu concrétiser mon rêve de chanter sur une scène. D’abord à l’orchestre de l’université que j’ai intégré dès ma 2ème année de fac, puis au sein d’un groupe fondé avec des amis. Le groupe a alors commencé avec le temps  à être connu dans la région. On a même eu la chance de se voir offrir une tournée tous frais payés par une structure française promouvant la culture camerounaise dans la région. Je nourrissais alors des rêves de star, je chérissais si fort cette possibilité de strass et de paillettes.

Mais il n’en n’était plus le cas ce jour là. L’année tirait à sa fin et les membres du groupe vivaient tous dans des villes différentes. Nous quitterions donc tous définitivement la ville étudiante qui nous unissait. Le groupe, bien qu’ayant rythmé jusque là nos vies d’étudiants, n’avait ni fondements véritables, ni vision réelle qui lui auraient permis de perdurer une fois qu’arriverait ce moment. En plus, la plupart d’entre nous, sinon tous les membres du groupe, achevions notre cursus universitaire. Il fallait à présent penser à l’avenir « Tu as chanté tout au long de l’année? Eh bien danse maintenant » me susurrait la fourmi ironique à l’intérieur de moi. Oui mais je n’avais plus le cœur à ça. Un regain de conscience m’avait amené à réaliser que mes rêves d’être chanteuse ne resteraient peut-être que des rêves. Qu’une page de ma vie se tournait et qu’il serait peut être temps pour moi de me projeter dans un bureau de juriste comme j’avais espéré en m’orientant vers mes études de droit.

J’allais retourner chez mes parents. J’allais rendre les clés de ma chambre du campus universitaire, les clés de ma liberté, de mes secrets, de mes soirées d’étudiante à faire la fête, de mes rigolades entre copines jusqu’à pas d’heure, à être celle que je ne me permettais jamais d’être chez papa et maman ; les clés de tous les concerts organisés, de tous ces moments où j’avais pu briller, de tout ce bonheur nourri au bruit des applaudissements reçus, de cette tranche de vie qui m’appartenait et que je ne voulais  pas partager avec les miens. Parce qu’ils ne savaient pas que j’avais passé mon temps à animer le campus de ma voix, ils me croyaient studieuse et sérieuse. Plus j’y pensais et plus j’appréhendais la déception de mes parents; toute leur énergie, leur temps, leur argent consacrés à nous pousser mes frères et moi à aller de l’avant. Oui il était peut-être temps que je réfléchisse à ma vie, que je l’envisage autrement que dans le mensonge; Que je rentre à la maison, que je prépare plus sérieusement mon rattrapage et que je commence à arpenter les entreprises et les cabinets de recrutements ou les écoles de commerce pour assurer mon avenir.

Toutes ces pensées m’accompagnaient alors que je rentrais au campus universitaire où je vivais. Je me dis que ça me ferait du bien d’aller faire part de toutes ces questions à ma fidèle amie Rose. Elle habitait l’étage en dessous du mien et c’était le passage obligé chaque fois que je rentrais chez moi. Mais Rose avait changé. Depuis quelques temps, elle s’était mise à fréquenter  ces gens bizarres qu’on appelait « born again » sur le campus. Elle allait même à leurs études bibliques, priait pour tout et pour rien, ne voulait plus écouter le CD de Corneille, notre chanteur préféré pourtant. « Ces gens » venaient tout le temps chez elle, et ne parlaient que de Dieu. Je les trouvais envahissants, ringards, jeunes mais pourtant vieux, jamais habillés à la mode; j’avais l’impression qu’ils me jugeaient, je ne les aimais pas. En plus ils s’appelaient « frère », « sœur » ce qui pour moi faisait d’eux une secte .Pourtant je reconnaissais qu’il se dégageait quelque chose d’eux, une assurance qu’on ne trouvait pas même chez tous ceux qui dans ma promotion citaient les articles de droit avec tant d’éloquence. Une assurance qui me mettait mal à l’aise.  Quelque chose qu’ils avaient et que moi je n’avais pas. D’où le tenaient-ils? Je décidai d’y aller quand même car Rose depuis qu’elle avait « donné sa vie à Jésus » comme elle disait, était restée gentille avec moi. Sa vision des choses avait  certes changé, mais je ne me sentais pas jugée, elle était toujours aussi bienveillante malgré ces nouvelles fréquentations.

Je ne m’étais pas trompée. L’un des « leurs » était bien là, assis dans la chambre de Rose. Il me fit son plus large sourire dès que j’entrai. Je le regardais froidement, avec mépris et agacement, et je me mis tout de suite sur la défensive. « S’il essaie de me parler de leur trucs bizarroïdes de born again, je pars tout de suite » me disais-je en mon for intérieur. Je m’appelle Léonce me dit-il…

Je n’avais pas rendez vous avec « frère » Léonce ce jour là, mais bien avec Jésus…

la suite ici Ma rencontre avec Jésus – 2ème partie

*La crainte de Dieu, c’est le commencement de la sagesse. Proverbes 9 : 10